Pékin une ville en transition, 2018

Pékin une ville en transition Léo Derivot

Marqué par des contrastes temporel et visuel frappants, entre

traditions anciennes et course effreinée vers une modernitée de

plus en plus exacerbée.

 

Dès notre arrivée sur le sol chinois, la disparité entre notre

mode de vie occidental et ce que nous découvrons pour la première

fois est assez surprenante. Nous nous retrouvons dans un espace

autre, une sorte d’hétérotopie géographique mais surtout, au

quotidien, visuelle.

 

Je veux montrer ce qui m’interpelle dans la société

contemporaine et, en l’occurence ici, dans la capitale chinoise au

sein de laquelle j’ai passé plusieurs jours à arpenter les rues et

rencontrer de ses habitants.

 

Tout semble nous différencier de cette partie du globe, le

langage, la relation à autrui, les traditions... Cependant, la

mondialisation crée un trait d’union entre «nos deux mondes»

américanisés.

 

La tradition chinoise se fait remplacer par une logique de

rendement monnétaire international.

Les plus riches s’appliquent à modeler la terre à l’image de

 

leur capital tandis que les travailleurs les plus modestes

s’entassent dans des logement insalubres.

 

Les vestiges architecturaux marqués par un passé tumulteux

cohabitent avec une société en quête frénétique de croissance et

de reconnaissance mondiale.

 

La jeunesse, accès sur les nouvelles technologies, dévoile à

travers elles une image d’elle-même irréelle et idéalisée tandis

que les anciens errent déjà comme des fantômes dans le réel

dépeuplé.

 

Et cependant, aujourd’hui comme avant, un moment chaque jour,

«Le soleil < continue d’accabler > la ville de sa lumière droite

et terrible ; le sable < reste > éblouissant et la mer miroite. Le

monde stupéfié s’affaisse lâchement et fait la sieste, une sieste

qui est une espèce de mort savoureuse où le dormeur, à demi

éveillé, goûte les voluptés de son anéantissement.»

 

La belle Dorothée, Charles Baudelaire

 

Car la sieste demeure très importante dans la culture

chinoise, tandis que la plupart des ouvriers se réveille toujours

à l’aube pour travailler des heures durant. J’ai vu en ces sommes

une allégorie de la transition entre passé et présent.

 

Pekin incarne pour moi ce vers quoi le monde tend, une

robotisation des villes déshumanisées, aseptisées, sans âme.

Le désir intarissable de l’Homme capitaliste pour l’évolution

technologique nuit, me semble-t-il, gravement à l’état de notre

 

civilisation.

Peut-être faudrait-il prendre un peu de temps et de recul sur

notre société, avant que nos délires ne nous asphyxient ?